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numéro : |
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L'INFO MAC Hiver 2003 |
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Des
(mauvaises) nouvelles de la
Colombie-Britanique !
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Le vent
néo-libéral souffle sur la Colombie-Britannique, la
tempête néo-libérale n’épargne pas la
Colombie-Britannique!
Grâce au dégoût de
la population vis-à-vis du gouvernement sortant
néo-démocrate qui tourna à l’indifférence face à la
campagne électorale, les libéraux remportèrent cette
dernière haut la main. Un électorat restreint leur
donna 77 des 79 sièges de l’Assemblée législative.
Fort de cette grande victoire, la seconde de ce
genre depuis qu’il y a des élections provinciales en
Colombie-Britannique, les libéraux commencent à
appliquer les premières mesures de leur manifeste
A New Era. Tout d’abord, ils réduisent les
impôts de 25 %. Par la suite débute l’évaluation des
programmes de réembauche de travailleurs déplacés,
Forest Renewal BC et Fisheries Renewal BC.
Ces programmes seront démantelés et, dans le cas de
Forest Renewal, remplacé par une structure
similaire mais à moyens réduits. Il y aura également
réévaluation des divers moratoires sur
l’exploitation de telle ou telle ressource
naturelles et à l’automne 2001, un salaire minimum à
deux vitesses fut instauré. Sous ce régime, une
personne qui n’a jamais travaillé peuvent se voir
offrir aussi peu que 6 $ de l’heure au cours des 500
premières heures que dure cet apprentissage avant
d’obtenir l’autre salaire minimum de 8 $ de l’heure.
JONGLER AVEC UN
DÉFICIT IMPORTANT
Cette réduction
massive d’impôt, combinée à un fort taux de chômage,
causa un des plus gros déficit budgétaire que la
province aie connu. Par conséquent, les libéraux,
profitant de l’absence d’opposition à l’assemblée
législative, décidèrent de mettre en place un plan
budgétaire triennal pour combler les 2 milliards de
dollars de la réduction des impôts: 700 millions la
première, autant la seconde et le reste dans la
dernière. Donc pour 2002-2003, on a au menu une
augmentation de la taxe de vente de 7 à 7.5 % et une
pour Medicare de 50 % faisant passer les frais de
cette assurance à plus de 650 dollars pour ceux et
celles gagnant plus de 19 000 $ par an; pour bon
nombre de gens dans la province, c’est là qu’ira le
retour d’impôt. Et, au cas où ce ne serait pas assez
pour ramener le déficit à zéro, les budgets de
l’éducation et de la santé ont été gelés (bien
qu’une loi ait fait de l’éducation un service
essentiel) et des contrats furent imposés aux
professionnels-les de ces deux secteurs. Le
gouvernement a également fermé quelques Palais de
justice et des bureaux de la Régie du loyer et
effectué des coupures dans l’aide sociale.
Évidemment, cela
n’alla pas sans grincement de dents et, pour se
défendre, Gordon Campbell et les membres les plus
importants de son gouvernement crièrent haut et fort
que l’état des finances laissé par le précédent
gouvernement ne leur laissait pas le choix; une
façon de noyer le poisson. Même si le gouvernement
néo-démocrate n’a pas beaucoup de raisons de se
vanter de son bilan au cours des dix dernières
années, l’effort pour rétablir un équilibre
budgétaire fut évident : le vérificateur de la
province confirme qu’en 1999-2000 le surplus fut de
1,5 milliard et si les néo-démocrates l’avaient
emporté (par miracle!), le surplus aurait été encore
plus important.
ENCORE DES
COUPURES!
Toutefois, ce qui
fit monter le ton fut la décision du gouvernement de
retrancher 11 000 postes dans l’administration
publique en 2002. Sachons que si le corps
professoral, les infirmières et les médecins sont en
négociation, le reste de la fonction publique a déjà
un contrat de travail. Par conséquent, pour aller de
l’avant, le gouvernement n’a pas d’autres options
que la mise à pied ou la modification de conditions
de travail. Vous imaginez le cri au meurtre !
D’autant plus que lors de la campagne électorale,
l’état-major libéral répéta à qui voulait l’entendre
qu’il ne croyait pas à la rupture de contrat. Aux
accusations de menteurs, trompeurs, vendus, truands,
profiteurs, le gouvernement répondit en disant que
la fonction publique réagissait de façon égoïste,
mettant ses intérêts (spéciaux et corporatifs)
au-dessus de l’intérêt public. Bref, un air connu
d’un refrain quasi-québécois du début des années
1990. Cela culmina avec une manifestation monstre
(20 000 personnes) à Victoria le 23 février 2002 et
quelques autres dans diverses villes de la province
comme Kamloops ou Prince-George au cours de laquelle
Gordon Campbell resta calmement chez lui à regarder
les Olympiques à la télé !
Le gouvernement a
beau jeu à cause du manque d’opposition (en fait,
les deux seuls néo-démocrates à l’assemblée
législative ne peuvent avoir le statut d’Opposition
officielle et les ressources qui vont avec ce
statut). Alors qu'en avril 2001, il n’y avait pour
ainsi dire personne pour donner son vote au NPD, en
avril 2002, un partisan libéral est encore plus rare
qu’un moustique en Antarctique. Une autre chose à
considérer est que les libéraux, en concentrant
l’attention de tout le monde sur la fonction
publique en particulier et les travailleurs-ses
syndiqué-e-s, se concilient une partie du public.
Malgré les efforts des néo-démocrates en faveur des
syndicats et de la syndicalisation, de plus en plus
de gens dans la province ont glissé hors du monde du
travail organisé. Il en est résulté un marché du
travail à deux vitesses dans lequel on obtient un
salaire médiocre et des conditions de travail
difficiles pour un même poste qui est payé "juteusement"
avec moins d’heures et plus d’avantages sociaux s’il
est syndiqué. Les actions syndicales concernant
presque exclusivement leurs membres et empiétant sur
l’emploi des non-syndiqués ont probablement fait
plus de dégâts. Par conséquent, il est très
difficile pour la fonction publique d’obtenir le
soutien actif de la population.
"TOTAL RECALL"
Depuis le début du
printemps 2002, l’atmosphère sociale s’est détendue
et les gens ne s’indignent plus autant qu’avant
devant le fait que les mères chefs de famille
monoparentales devront chercher de l’ouvrage (en
dépit des coupures faites aux programmes de garde
d’enfant) dès que le p’tit dernier atteint les 3 ans
ou qu’il ne sera plus permis d’obtenir plus de 2 ans
sur 5 d’aide sociale pour les gens en mesure de
travailler. Il est question d’utiliser la loi,
communément appelée Total recall, qui
consiste à réunir les signatures des gens favorables
à l’expulsion de leur représentant à l’assemblée
législative. Les militants libéraux l’utilisèrent en
1997 et 1998 sans grand succès. Ou encore, annuler
les bulletins de vote du référendum envoyé par la
poste à la population au début avril. Il y a fort à
parier que le Total recall ne marchera pas
plus qu’en 1997 et qu’une minorité de bulletins de
vote seront retournés pour être comptés. Les gens
rageront en silence en essayant de joindre les deux
bouts (le taux de chômage est maintenant le même en
Colombie-Britannique et au Québec) et prévoyons
qu’en 2005 le record d’abstentions lors de
l’élection de 2001 sera battu.
Thierry Martin |
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L'INFO MAC
Hiver 2003 |
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Le dossier " hors-pays ", la
fin de la fin ! |
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Il y a un an déjà, on vous annonçait que la Cour suprême avait rendu un jugement défavorable à la cause des voyageurs-chômeurs. Elle a donné raison au ministère du Développement des ressources humaines du Canada et à l’Agence des douanes et revenu contre le Commissariat à la protection de la vie privée.
Rappelons qu’il s’agissait de contester la légitimité et la légalité du couplage de données entre ces deux ministères. Le Commissariat et nous assimilions ce geste à une fouille et à une perquisition abusives violant la Charte des droits et libertés ainsi que la Loi sur la protection des renseignements personnels.
Cinq années de guérilla juridique, administrative, politique et médiatique qui se sont terminées par un jugement de 14 lignes…ce qui ne fait pas légion dans ce type de décision. Parions sur le fait qu’il ne faudrait pas sous-estimer non plus les événements du 11 septembre dans la foulée des projets de lois protectionnistes qui ont suivi et qui ont peut être eu des répercussions sur le think tank des juges de cette plus haute instance du système judiciaire canadien.
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Vous voulez voyager à l’extérieur du Canada pendant que vous recevez vos prestations !
Vous pouvez le faire et ce sans problèmes en autant que vous avertissiez votre bureau de chômage' en lui mentionnant votre date de départ². Les semaines où vous serez absent du Canada ne vous seront pas payées car vous n’êtes pas disponible et à la recherche d’un emploi. Dès votre retour, on poursuivra votre demande en vous payant le reste de vos prestations plus le nombre de semaines où vous avez quitté le pays jusqu’à concurrence de 50 semaines maximum car une période de prestations ne peut pas vous être payée plus longtemps.
'
Une lettre par courrier recommandée est aussi acceptée.
² Avertissez-les seulement un jour ou deux avant votre départ car on pourrait vous soupçonner de n’être pas disponible et à la recherche d’un emploi.
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L'INFO MAC
Hiver 2003 |
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Le projet de loi anti-pauvreté : |
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La continuité des politiques de précarisation |
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Un point de vue de l’Organisation
populaire des droits sociaux de la région de
Montréal, un organisme de défense de droits des
assisté-e-s sociaux. |
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Photo: Nicole
Côté |
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Quand il est question de la
mondialisation des marchés et des accords
internationaux de commerce tels que la ZLEA, les
mouvements sociaux scandent "Les humains avant le
marché!". Nous pensons qu'il faut exprimer la même
position devant le projet de "Loi visant à lutter
contre la pauvreté et l'exclusion sociale"1.(projet
de loi 112, adopté lui aussi avant la fin de la
session parlementaire en décembre dernier), car il
s'inscrit dans la même logique par la diminution du
coût de la main-d'oeuvre québécoise afin de le
rendre encore plus compétitif pour les investisseurs
dans le cadre de l'intégration continentale des
marchés.
Ce projet de loi s'inscrit dans
la suite des politiques qui, au Québec et ailleurs,
depuis une vingtaine d'années, ont harnaché le droit
à l'aide sociale et accru la pression à l'adaptation
au travail précaire et mal payé par des mesures
d'employabilité, de contrôle, d'insertion, etc.
Nous refusons d'avaliser le
projet de loi 112, qui constitue une extension du
nivellement par le bas de nos conditions de vie et
de travail. Nous proposons plutôt de nous organiser
et de résister pour renverser le courant car
l'histoire des luttes sociales démontre que c'est la
seule voie porteuse.
Le préalable: des obligations
L'alléchante rhétorique du projet
de loi 112 autour de la lutte à la pauvreté sert à
le légitimer comme réponse à la démarche du
Collectif pour une loi sur l'élimination de la
pauvreté, démarche appuyée par des centaines
d'organismes au Québec.
La stratégie de lutte à la
pauvreté du gouvernement dans laquelle s'inscrit ce
projet de loi est présentée dans l'énoncé de
politique intitulé "La volonté d'agir, la force de
réussir"2. Il y est clair que
l'amélioration du revenu des personnes considérées
sans contraintes à l'emploi est conditionnelle à
leur participation au marché du travail (précaire)
ou à des mesures d'adaptation à ce marché (p.35).
L'énoncé de politique laisse même
entendre que l'amélioration du revenu d'autres
catégories pourrait aussi être conditionnelle à leur
participation à des mesures de travail ou
d'adaptation – ils appellent ça la
"réciprocité" (p. 55) – soit les personnes avec
contraintes permanentes ou temporaires à l'emploi,
par exemple les 55 ans et plus (dans la catégorie
cible des plus de 45 ans p. 44) ainsi que les
personnes immigrantes récentes ou membres de
minorités visibles (p.45-46). Sans compter que
l'énoncé inscrit aussi l'accès au logement social
dans cette logique d'obligations, ce qui apparaît
déjà présent dans des projets- pilotes tels que
Mères avec pouvoir3.menés par le
ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Le projet de loi 112 ne comporte
donc aucune garantie d’augmentation de revenu
sans obligations d'adaptation au marché. Il ne parle
que de "prestation minimale" lors de l'application
des "sanctions administratives" (article 14) sans
aucune autre garantie que celle de continuer à
amputer le chèque des personnes assistées sociales
considérées sans contraintes à l'emploi qui refusent
les instructions de l'État.
Leur moyen : diminuer le prix du
travail
Le projet de loi 112 prétend
innover en promettant un "renforcement du filet de
sécurité sociale et économique" qui visera à
"favoriser le maintien ou l'intégration en emploi
des travailleurs à faible revenu, notamment par des
suppléments à leurs revenus de travail" (article 8).
Difficile d'être contre l'idée d'améliorer les
revenus des petits salarié-e-s... sauf que c'est un
leurre.
D'abord, le supplément appelé "
revenu de solidarité " doit permettre d'atteindre un
niveau du revenu total en fonction d'un seuil de
pauvreté dont la fixation "devra reposer sur un
solide consensus", affirme l'énoncé de politique
(p.36). Celui-ci donne des exemples qui tournent
autour de 10 000 à 12 000 $ par année pour une
personne seule. C'est bien en-dessous du seuil de
faible revenu établi par Statistique Canada (18 849
dollars par année pour une personne seule dans une
ville comme Montréal4.). Il s'agit
ni plus ni moins de la réduction technique de la
pauvreté, prônée par le patronat et ses alliés, et
qui pourra être légitimée cette fois par un
"consensus" bien concocté avec les "partenaires"
choisis pour siéger dans les instances
consultatives.
Par ailleurs, il faut examiner
cette idée de supplément de revenu (lorsque les
personnes travaillent) de façon globale et non
seulement en se limitant à voir une amélioration de
revenu par rapport au niveau actuel de l'aide
sociale (6 253 $ prestation moyenne par année pour
une personne seule, considérée sans contraintes à
l’emploi5.). L'effet sur le marché du
travail sera le suivant : les entreprises auront
plus facilement accès à une main-d'œuvre peu
coûteuse sans payer plus cher car une partie du
salaire viendra des fonds publics.
Or, avec la loi interdisant à
l'État tout déficit dans le budget public, l'argent
promis pour les mesures issues de la loi 112 (1,5
milliard sur cinq ans et 1,34 milliard annoncé au
cours des douze derniers mois) sera certainement
puisé dans les budgets de programmes déjà existants
tels que le Fonds de lutte contre la pauvreté par la
réinsertion au travail (article 62 du projet de loi
112) ainsi que l'aide sociale. Les entreprises ne
paieront certainement pas la note puisque leur
contribution aux fonds publics diminue, grâce aux
multiples exemptions d'impôt et baisses de
cotisations sociales patronales (CSST,
assurance-chômage, régimes de retraite, etc.)
s'appuyant sur des mesures gouvernementales et la
réorganisation du travail sous forme précaire,
comportant peu d'avantages sociaux.
Somme toute, les suppléments de
revenu promis par la loi 112 sous la forme d'un
"revenu de solidarité", que ce soit par le biais
d'un chèque mensuel ou de crédits d'impôt annuels
aux petits salarié-e-s, représentent carrément une
subvention aux employeurs qui viendra diminuer leurs
coûts salariaux. Résultat: une pression à la baisse
sur le marché du travail qui permettra aux
entreprises de diminuer les salaires et les
conditions de travail et d'accroître leurs exigences
de flexibilité (la pénibilité du travail) vu le
bassin de main-d'œuvre à bon marché disponible.
Il n'y a rien d'innovateur dans
cette manœuvre de précarisation : le programme de
supplément de revenu au travail APPORT existe déjà
pour les familles, auquel est récemment venu
s'ajouter Action Emploi pour les personnes assistées
sociales seules, et plusieurs mesures
gouvernementales des dernières années visent
explicitement à inciter les sans-emploi à occuper
des emplois à faible salaire (prestation unifiée
pour enfants, assurance-médicament,
allocation-logement).
Une équipe regroupant des
chercheurs de plusieurs pays européens qui a étudié
les nouvelles formes de régulation du travail et de
l'aide sociale affirme que " les contraintes ou les
incitations que subissent les individus à "
s'insérer " - sous peine de perdre leur droit au
revenu - augmentent en fait la détérioration des
conditions de vie et participent à l'exacerbation de
la concurrence sur le marché de l'emploi6..
De plus, " les formes de cumuls entre revenus de
travail et de prestations sociales paraissent
peut-être moins coercitives que l'approche du
workfare, puisqu'elles vont soulager les
individus financièrement. Mais en même temps, ces
politiques participent à l'extension de cette même
précarité faite d'emplois insuffisamment rémunérés.
" Par exemple, au Royaume-Uni où a été implanté le
programme de supplément de revenu appelé Working
Family Tax Credit, " selon les enquêtes les plus
récentes, les employeurs déclarent trouver plus
facilement des salariés pour des fonctions peu
rémunérées tandis que les salarié(e)s estiment une
augmentation de salaire inutile puisque celle-ci
leur ferait perdre le complément de revenu."
Résister et non s'adapter
Les apparences de bonnes
intentions du projet de loi 112 venant d'un parti
qui se prétend social-démocrate déguisent une
volonté de jouer le jeu du marché (des
investisseurs) et de la compétition. Et les
premières touchées seront les femmes, que l'on
considère corvéables à souhait, particulièrement
dans le contexte de la marchandisation des besoins
sociaux (dans les entreprises privées ou l'économie
sociale), de même que les jeunes et les personnes
immigrantes.
Nous refusons le jeu de la
concurrence avec les personnes immigrantes qu'on
rend de plus en plus vulnérables face au marché du
travail par des politiques d'immigration
répressives. Nous refusons aussi d’avaliser la
course à la concurrence avec les travailleuses et
les travailleurs des autres pays.
Nous pensons que la stratégie
visant à appuyer le projet de loi 112, même de
manière critique en demandant des améliorations,
proposée par le Collectif pour une loi sur
l'élimination de la pauvreté, revient à nous tirer
dans le pied. Le gouvernement y puisera simplement
une légitimité pour adopter un projet de loi qu'il
promettra de " bonifier " pour nous apaiser.
Notre exigence d'un droit
inconditionnel à l'aide sociale à un niveau
au-dessus du seuil de pauvreté, donc sans obligation
face au travail, est non négociable, ni avec le PQ,
ni avec aucun parti, même dans le contexte de la
montée de l'ADQ. Nous refusons les visions
étroitement électorales. Concéder ce droit au PQ,
c'est souffler du vent dans les voiles de la droite
qui continuera la tâche de décapitation de nos
droits sociaux bien menée par le PQ, le Parti
Libéral et le fédéral. Si nous n'avons pas la force
actuellement pour contrer cette régression, ce n'est
que partie remise et nous ne devons pas pour autant
appuyer l'adoption du projet de loi 112.
Il nous reste à nous organiser
collectivement pour résister et non pour nous
adapter. Qu'il s'agisse de nous organiser pour
défendre entre autres notre droit inconditionnel à
l'aide sociale et à l'assurance-chômage et résister
ensemble à la conscription par les programmes
d'adaptation au travail ou de nous regrouper avec
d'autres travailleuses et travailleurs précaires
pour forcer l'amélioration de nos conditions de
travail et de contrôler le plus possible notre
travail, il s'agit de la même lutte et de la
construction commune d'un contre-pouvoir à la base
et non au sommet. Le pouvoir du marché sur nos vies
n'est pas immuable et ne l'a jamais été. |
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L'INFO MAC Hiver 2003 |
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Encore des changements à
l’assurance-chômage |
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Des p’tits
cadeaux d’un côté, la hache de l’autre… des
changements à la loi s’opèrent depuis la
contre-réforme Axworthy de 95 (mise en vigueur en 96
et 97) sans que toutefois les chômeurs et chômeuses
y trouvent vraiment leur compte. À preuve, ces
derniers changements!
Résumé par
Nicole Côté
No1 :
Le projet de loi
C-49 qui est entré en vigueur le 17 avril 2002,
comprend les modifications suivantes :
- Les femmes qui donnent
naissance à un ou plusieurs enfant-s pourront si
nécessaire, avoir droit à toutes les prestations
spéciales, soit : maladie (15 semaines, avec une
attestation médicale prouvant l’incapacité
d’exercer aucun emploi), maternité (15 semaines)
et parentales (35 semaines) pour un total de 65
semaines. Alors qu’avant on ne pouvait dépasser un
total de 50 semaines en prestations spéciales.
- Il y aura prolongation de la
période de prestations afin de recevoir les 35
semaines parentales si l’enfant est hospitalisé.
En fait, on applique le même principe que l’on
faisait déjà pour les prestations maternité.
- Toutes les modifications
précédentes s’appliquent aussi dans le cas des
pêcheurs-ses.
No 2 :
Cette fois-ci, ce
sont les personnes ayant fait de fausse déclarations
qui écopent car depuis le 1er juillet
2002, le DRHC impose des intérêts (le taux appliqué
est le taux d’escompte moyen de la Banque du Canada
+ 3 %) sur des dettes résultant d’un acte présumé
délictueux. On sait que DRHC a une très, très large
définition de ce qu’est un acte délictueux et ces
intérêts sont applicables avant même que les délais
d’appel ne soient terminés. Une autre façon pour
l’État d’aller chercher de l’argent plus rapidement
et ce, sans discernement.
No 3 :
Au risque de se
répéter, les semaines de rémunération de moins de
150 $ brut ne sont plus comptabilisées aux fins du
calcul des prestations dans la période de base des
26 dernières semaines avant la fin de l’emploi. Dans
ce cas précis, on revient à l’ancienne loi même si
la façon de calculer votre chèque de chômage diffère
fondamentalement et c’est cela qu’on aurait dû
changer. Entretemps, les "petites semaines"
de moins de 150 $ ne feront plus partie de ce
calcul. |
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Une
victoire pour le Comité des mères
brimées
C’est
avec fierté que les femmes du Comité
des mères brimées de leurs congés de
maternité et parental ont célébré
l’annonce de la mise sur pied d’un
projet-pilote par Développement des
ressources humaines du Canada afin de
mettre fin à l’injustice qu’elles
subissaient par le biais de l’article 10
de la loi.
En
effet, le projet pilote permettra à
plusieurs mères privées de leurs pleines
prestations de maternité et parentales
de choisir entre : recevoir des
prestations d’assurance-emploi
partielles tout en ayant des indemnités
de retrait préventif (CSST) ou avoir
droit à une plus longue période de congé
de maternité et parental.
Une
faille dans l’article 10
Rappelons que le Comité des mères
brimées formé en décembre 2000 et qui
émanait du Mouvement des chômeurs et
chômeuses de l’Estrie, luttait contre
l’injustice contenue dans une partie de
l’article 10. Cette clause permet à une
personne ayant reçu des prestations de
la CSST suite à un retrait préventif de
prolonger sa période de prestations.
Toutefois, pour plusieurs femmes, il y a
un hic qui se trouve dans l’autre aspect
de cette même clause. On mentionne que
l’effet d’être payable par le chômage
tout en recevant des indemnités de la
CSST (suite à un savant calcul…)
empêche cette prolongation de la période
de prestations de prendre effet. Ceci
avait pour résultats de forcer la mère à
retourner au travail à brève échéance
alors qu’elle s’attendait à recevoir 50
semaines de prestations suite à la
naissance de son enfant. Dorénavant,
elles pourront choisir ce qui convient
le mieux à leur situation.
Ce
projet a débuté le 25 septembre 2002 et
est d’une durée de trois ans. Il s’étend
d’un océan à l’autre mais à l’heure
actuelle seule la province de Québec
verse des indemnités de retrait
préventif aux travailleuses qui exercent
un emploi dangereux pour leur santé ou
celle de leur enfant à naître.
Malheureusement, le projet débutant en
septembre ne couvre pas les femmes du
Comité qui se sont battues depuis la fin
de l’année 2000 pour faire reconnaître
cette discrimination : " Les femmes
du Comité (_) ont toutes les raisons
d’être fières, car leurs efforts
éviteront à d’autres mamans d’être
victime de cette faille. Bien que cette
mesure n’efface pas la dure réalité
vécue par nos membres dans le passé, il
est valorisant de savoir que d’autres
femmes (en) seront épargnées ",
reconnaît madame Julie Martel, une des
membres actives de ce Comité (Communiqué
de presse, 26 septembre 2002). Reste à
savoir ce qui adviendra des résultats du
projet-pilote dans trois ans mais une
chose est sûre : nous devons rester
vigilant-e-s car le libre choix entre
les deux formules d’application
concernant cet article doit être
maintenu à la plus grande satisfaction
de toutes les femmes. |
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L'INFO MAC Hiver 2003 |
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Les trucs chômage |
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Vous avez sûrement remarqué que toutes les
déclarations se font maintenant par téléphone et
qu’il n’y a plus de cartes à compléter. Vous
pouvez demander une dérogation spéciale et
continuer de recevoir vos cartes selon certaines
circonstances : personne sourde et muette,
personne qui ne maîtrise pas les deux langues
officielles ou que la technologie rebute au plus
haut point.
Sinon, tout se fait par téléphone. Pour plus
de sécurité, transcrivez toutes vos
déclarations sur un bon vieux calendrier que vous
garderez pour une période de six ans dans votre
dossier chômage (le jour que vous les avez appelé,
qu’est-ce que vous avez déclaré, combien d’heures
travaillées, les dates, les montants etc.). DRHC a
eu beaucoup de difficultés avec le système
informatique pendant l’été et l’automne derniers.
-
Vous pouvez maintenant faire
votre demande de chômage par internet dans le
confort de votre foyer. Plus de file d’attente et
la face désagréable du fonctionnaire qui vous "accueille"
en moins, une sorte de bien-être s’empare de vous
car la situation d’être en chômage est déjà assez
stressante comme ça : vous tapez
www.hrdc-drhc.gc.ca/ae-ei/
et allez sur Appli-Web. Malgré tout ce
foisonnement technologique, cela ne veut pas dire
que les formulaires à compléter sont plus faciles.
Non, pas du tout, car ils en profitent pour poser
davantage de questions selon certaines situations,
ce qui peut vous désavantager. Donc, avant de
compléter votre demande de chômage, informez-vous
quand même au MAC afin de connaître vos droits et
obligations.
-
Big Brother devient de plus en
plus présent à DRHC. Nous pouvons penser qu’il
n’est pas loin le jour où la machine remplacera le
fonctionnaire; question de réduction des coûts
mais aussi de la standardisation d’un système. On
peut s’imaginer que les dossiers seront traités
avec beaucoup moins de discernement que
maintenant, ce qui sera encore plus pitoyable. Que
faire quand une machine est programmée pour
répondre oui ou non à une question sans laisser de
temps pour nuancer, expliquer davantage ?
Qu’est-ce que cela donnera au bout du compte ?
D’autres injustices…. Soyons vigilant-e-s !
-
Assurance-emploi et
assistance-emploi, est-ce la même chose pour vous
? Phonétiquement, c’est presque pareil, mais à
part ça… À vrai dire ce sont deux systèmes très
différents; le premier se traduit par
l’assurance-chômage et le deuxième se réfère à
l’aide sociale, sa nouvelle appellation depuis
quelques mois. Il n’est peut-être pas loin le
temps où les deux systèmes seront fondus en une
seule entité ! Mais en attendant, vive la
confusion…
-
N’oubliez pas que les cours de
formation ne dépendent plus du fédéral (bureau de
chômage) mais plutôt d’Emploi Québec (le centre
local d’emploi). Depuis l’entente signée entre le
fédéral et le provincial au sujet de la formation
en 1997 et mise sur pied en 1998, Québec est le
seul maître d’œuvre en ce qui concerne l’octroi ou
non de programmes de formation même si l’enveloppe
budgétaire provient d’un fonds de l’assurance-emploi
(c.à.d. des coupures faites aux chômeur-se-s, à
même vos chèques de chômage !) au premier avril de
chaque année financière.
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L'INFO MAC Hiver 2003 |
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Des chiffres inquiétants |
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Le Japon est le
pays où il en coûte le plus cher pour les
entreprises en raison des coûts de la main-d’œuvre
et des loyers, les États-Unis et l’Allemagne
arrivent en deuxième et troisième positions. Quant
au Canada, il occupe le neuvième rang selon l’Economist
Intelligence Unit.
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Plus de chiffres
du tout… pour le Bureau de la statistique sur
l’emploi aux États-Unis qui a cessé de publier en
novembre dernier, faute de fonds a-t-on soutenu du
côté de la direction, son bulletin de données
statistiques qui compilait les fermetures
d’entreprises de plus de 50 employé-e-s et
décrivait quel type de travailleurs étaient
touchés par ces pertes d’emploi. Une publication
appréciée des officiels et syndicalistes qui
suivaient de près l’évolution du marché du
travail. Peut-être une façon de ne pas montrer au
reste du monde que l’économie ne se porte pas très
bien chez notre voisin du sud ?
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Le salaire moyen
annuel aux États-Unis, exprimé en dollars de 1998
(c’est-à-dire hors inflation), est passé de 32 522
dollars en 1970 à 35 864 dollars en 1999 – soit
une hausse d’environ 10 % en vingt-neuf ans. En
revanche. D’après la revue Fortune, la
rémunération annuelle des 100 PDG les mieux payée
est passée, durant la même période, de 1,3
millions de dollars à 37,5 millions de dollars par
an, mille fois ce que touchent les salariés
ordinaires (et 2 884 % en vingt-neuf ans)
Courrier International, no 636 du 9 au 15 janvier
2003, p.29.
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L'INFO MAC Hiver 2003
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Le temps perdu |
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Devant la porte de l’usine
le
travailleur soudain s’arrête
le
beau temps l’a tiré par la veste
et
comme il se retourne
et
regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il
cligne de l’œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu
ne trouve pas
que c’est plutôt con
de
donner une journée pareille
à
un patron ?
Paroles de
Jacques Prévert ,
éditions
Gallimard, p.229. |
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L'INFO MAC Hiver 2003 |
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Colloque des 15 et 16
novembre derniers : |
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Montée de la droite ou
crise persistante de la gauche ? |
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C’est peut-être là
le fond de la question, qui se dessinait en
filigrane tout au long des présentations et des
discussions entre les panélistes d’une part, et
d’autre part le public lors d’un colloque sur la
montée de la droite au Québec organisé par
Alternatives et le Conseil Central du Montréal
métropolitain (CSN). On a eu droit aux analyses
habituelles, par ailleurs toujours pertinentes, sur
l’impact de la mondialisation et des politiques
d’inspiration néo-libérale sur les travailleurs,
l’environnement et la diminution supposée du rôle de
l’État qui en découlerait. Pour la énième fois, les
intervenants ont pointé la force des partis
politiques de droite au Canada en général, et de l’ADQ
au Québec en particulier. Samedi, M. Michel Venne,
commentateur au Devoir, a paru tout de même
plaider un peu en faveur du gouvernement péquiste…"
même s’il n’est pas aussi à gauche qu’on aimerait
".
Les débats, lors
de la séance du samedi après-midi ont été vifs :
certains ont attaqué Michel Venne pour sa position
jugée complaisante envers le PQ, d’autres ont
mentionné le " copinage " de la direction de la CSN
envers la direction péquiste, d’aucuns ont tenu des
appréciations mitigées à l’égard de l’Union des
forces progressistes (UFP), le nouveau parti de
gauche fondé le 15 juin 2002. On a aussi attaqué une
" certaine sous-culture de gauche " qui a toujours
empêché sa percée électorale et politique au Québec.
Après avoir encaissé des attaques de Molly Alexander
de l’UFP à l’endroit de ses propos précédents, M.
Venne s’est borné à lui répondre en substance que
ses paroles représentaient une parfaite illustration
de ce qui cloche au sein de la gauche. Un autre
intervenant a dit qu’il ne partageait les positions
ni de M. Venne, ni de Molly Alexander.
Les propos de
monsieur Venne et de madame Alexander illustrent
bien, selon moi, chacun à sa manière le dilemme qui
confronte les militants communautaires et syndicaux
en ce moment : comment bâtir une gauche susceptible
de recueillir un appui populaire significatif pour
offrir une alternative convaincante à l’idéologie
néo-libérale dominante au sein des cercles
gouvernementaux et capitalistes ? Se démarquer de la
" sociale-démocratie " trafiquée du PQ, assumer ce
qu’on nomme " la question nationale " dans un sens
ou dans l’autre et sortir enfin de la marginalité
dans laquelle la gauche non péquiste s’est toujours
complue ? On en est peut-être rendu là…
Jean-François
Delisle |
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L'INFO MAC Hiver 2003
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Salaire minimum |
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MANIF DU 1er MAI 2002 |
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Photo: Nicole
Côté |
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Même en
calculant rapidement, ce petit 0,30¢ d’augmentation
du salaire minimum annoncé le 1er mai
dernier et réparti en deux temps (il ne faut quand
même pas froisser le patronat!) déçoit les groupes
Au Bas de l’Échelle (ABE) et le Front de défense des
non-syndiqué-e-s (FDNS) qui luttent pour une réforme
de la loi sur les normes du travail.
Des hausses qui n’en sont pas
réellement : " Les effets positifs de la hausse de
0,70¢ de 1995 et 1996 ont été malheureusement perdus
à cause des trop faibles hausses accordées au cours
des années suivantes. Il n’y a eu que 0,10¢
d’augmentation en 1997, puis en 1998. Même chose en
2001, cette fois après deux ans et demi de gel "
(Communiqué de presse, 1er mai 2002).
Rappelons qu’ABE et du FDNS avaient engagé une lutte
pour l’amélioration de la loi sur les normes du
travail l’automne passé.
Le projet de loi modifiant la Loi
sur les normes du travail a été finalement déposé à
la fin d’octobre et adopté en décembre dernier.
Notons les avancées en ce qui concerne le recours
contre le harcèlement psychologique au travail, les
propositions relatives aux domestiques résidant chez
leur employeur qui bénéficieront du même traitement
que les non-résidentes (c.à.d. : une semaine de 40
heures payée au salaire minimum…ce qu’elles
n’avaient pas encore au Québec, et, oui, ici même,
dans ce pays dit civilisé!) de même que les
dispositions sur les absences pour maladie,
accident, responsabilités familiales, sur les congés
fériés et les travailleurs agricoles qui, eux aussi,
se mériteront le salaire minimum.
Une des insatisfactions face à la
nouvelle loi 143 reste le travail précaire. En
effet, de nombreux employeurs profitent d’un flou
dans la loi des normes et transforment du jour au
lendemain leur travailleur-se salarié-e en
travailleur autonomes ce qu’on appelle en réalité de
faux autonomes car leurs rapports avec l’employeur
restent les mêmes, à peu de choses près. Un droit de
recours dans la loi a été ajouté pour ceux et celles
qui sont forcés de le devenir mais on verra comment
il s’appliquera et quelle sera sa portée réelle.
Aussi, le ministre Jean Rochon
responsable du dossier au gouvernement a fixé le
délai à deux années de service continu chez un même
employeur pour obtenir un recours en cas de
congédiement injuste alors qu’ABE demandait un an et
qu’on retrouvait trois ans de service continu dans
l’ancienne loi. L’art du compromis ? Finalement, le
groupe Au bas de l’échelle aurait voulu que les
travailleurs-es puissent refuser d’effectuer du
temps supplémentaire après quarante-cinq heures par
semaine et une heure après l’horaire régulier au
quotidien. Rochon a fait une fois de plus dans
"l’art du compromis" et adopté concernant ce dernier
point, cinquante heures par semaine et quatre heures
au jour le jour ce qui est trop long selon ABE.
Nicole Côté
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Extraits des
numéros
antérieurs : |
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